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Pour le secteur industriel, plusieurs signaux positifs émergent de la crise tels que l’implication des pouvoirs publics, l’agilité, la normalisation du travail à distance et la prise de conscience globale que des solutions innovantes peuvent organiser la transition vers l’usine du futur.

Dans une ère post-pandémie, le virage vers l’industrie 4.0 prend ainsi tout son sens et devient même une nécessité pour gagner en flexibilité et réduction des coûts avec une exigence renforcée en matière de cybersécurité.

La technologie est un moyen, pas une fin en soi

Si 97% des entreprises industrielles dans le monde (contre 92% en 2019) disposent déjà d’une stratégie de transformation digitale, seules 13% d’entre elles affirment que celle-ci produit des résultats sur leurs organisations (contre 12% en 2019)[1]. L’échec de nombreux projets, en dépit d’investissements substantiels, s’explique notamment par le fait que la charrue est souvent mise avant les bœufs : on pense technologie avant de réfléchir à sa stratégie. Les entreprises doivent donc en priorité faire le point sur leur situation afin de déterminer la direction à prendre. Une réflexion globale couvrant l’ensemble des processus et des départements est non seulement nécessaire pour les entreprises dotées de structures bien établies, mais également pour les jeunes sociétés innovantes qui peuvent également en tirer un avantage considérable.

Changement de modèle et nouveaux enjeux

Le secteur industriel est plus que jamais dans une position d’accélération de mise sur le marché (TimeToMarket) et de réduction des coûts. S’ajoute à cette orientation le passage d’un modèle axé sur le produit à un modèle axé sur le client et dont l’innovation génère de nouveaux modèles de revenus. Créer un environnement de production orienté sur l’industrie 4.0 est une démarche à moyen terme pour récolter par la suite des potentialités illimitées. Construire un programme structuré par projet répondant aux enjeux cibles et aux résultats mesurables est l’étape résultant de la constitution des enjeux. Ceux-ci portent majoritairement sur la réduction du TimetoMarket, la maitrise des sources d’approvisionnement, la gestion du cycle de vie des actifs industriels et l’automatisation.

La cybermenace, nouveau risque pour les industriels

C’est un fait imparable. Plus les usines se digitalisent, plus elles deviennent des cibles pour les cyber-criminels. Si les premières attaques consistaient surtout à subtiliser des données sensibles ou stopper la production, les risques actuels incluent également le dysfonctionnement des équipements, qui peut affecter la sécurité des personnes aussi bien à l’intérieur de l’usine que chez le consommateur final. Il s’agit donc d’enjeux très divers – qualité, rupture de contrats, pertes financières liées à la désorganisation de la chaîne de production, risque de réputation, répercussion sur la santé des personnes – qui sont loin de ne concerner que les grandes entreprises. Alors que ces dernières mettent en place des solutions de sécurité toujours plus sophistiquées, les hackers se tournent vers leurs sous-traitants, moins bien équipés et de ce fait plus vulnérables…

Dans cette optique, une entreprise doit nécessairement s’assurer d’être cyber-résiliente :

  • En cas de piratage, combien de temps est-il nécessaire pour réparer les fichiers, reprendre la production, alerter les partenaires ?
  • Est-ce que je dispose d’une procédure de continuité d’activité pour faire face à ce risque ?

L’ANSSI (Agence nationale de sécurité des systèmes d’information) propose des bonnes pratiques à destination des entreprises de toutes tailles : homologation et certification, cartographie, gouvernance, détection, gestion de crise, inspections… A noter que la norme IEC 62443 aborde des aspects de sécurité propres à l’industrie.

L’industrie 4.0, accélérateur de la relocalisation

La crise sanitaire que nous traversons fait émerger un débat sur la nécessité de relocaliser certaines productions industrielles en France, tout du moins en Europe. Il est difficile de prédire comment se fera la réorganisation de la production à l’échelle mondiale dans les années à venir, notamment parce que la crise va induire un gel des investissements et va freiner les prises de risques. L’évolution de la demande vers une recherche de proximité et de réactivité avec des productions en petite série, la modernisation des sites grâce aux technologies de l'industrie 4.0 qui participe à une réduction des coûts de production, les coûts des productions éloignées des lieux de consommation (coût transport, besoin en fonds de roulement, coût environnemental, etc.), les questions de souveraineté sont autant d’apports de l’industrie 4.0 pour accompagner l’enjeu de la relocalisation de la production.


[1] Source Baromètre Mondial CGI 2020 – Axe Manufacturier soit 175 interviews à travers le Monde

 

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A propos de l'expert

Regis Abrate

Régis Abrate

Vice-Président en charge des activités conseil pour la région Grand Ouest

Il décide, en 2017, de revenir vers le Conseil en dirigeant le pôle Conseil chez CGI à Bordeaux.

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