Primary tabs

Depuis quelques années, le concept de "finance durable" prend de l’ampleur, à mesure que la question sociale et climatique grandit dans l’opinion publique mondiale. Elle constitue une opportunité unique de répondre aux attentes de la société dans son ensemble : consommateurs, épargnants et investisseurs, collaborateurs et jeunes diplômés, clients, partenaires et fournisseurs.

La crise que nous traversons a encore renforcé l’urgence de transformer les modèles. Tour d’horizon avec Nathalie Conné, Responsable des activités risques et développement durable pour le secteur bancaire chez CGI. 

La "finance durable" regroupe plusieurs réalités. D'une part, l’investissement socialement responsable (ISR) dont les décisions d’investissement s'appuient, en plus des critères traditionnels de performance financière, sur des critères dits ESG, c’est-à-dire liés à l’environnement, au social et à la gouvernance. D'autre part, les investissements verts, qui sont eux destinés à favoriser la transition énergétique (green bonds, fonds verts, etc.). Enfin, la "finance solidaire", spécifiquement orientée sur des critères sociaux et dont l’ambition consiste à soutenir les entreprises et organisations dont l’activité est socialement utile. La "finance durable" vise donc à investir dans des structures qui veulent résoudre les problèmes environnementaux et sociétaux. N'y voir qu'une option réservée à de doux rêveurs serait pourtant une erreur… Toute organisation a vocation à s'inscrire dans ce projet.

Au-delà du secteur financier

Car la "finance durable" intéresse de nombreuses parties prenantes. Les banquiers, en premier lieu, qui peuvent choisir leurs clients en fonction de critères prédéfinis et analyser leur conformité (le classique KYC, "Know Your Customer"), flécher les flux financiers, suivre et qualifier un projet. Les gestionnaires d’actifs ensuite qui doivent pouvoir justifier l’alignement de leur stratégie d’investissement sur l’Accord de Paris et les objectifs de réduction d’impact sur le climat, la biodiversité, la gestion des déchets, etc, et dont l’un des enjeux consiste à bien aiguiller leurs clients en matière d’investissements. Les assureurs afin d’adapter les contrats d’assurance et se prémunir contre des sinistres chroniques. Les particuliers sont également intéressés, car ils peuvent choisir leurs investissements en fonction de leur impact environnemental et social. L'entreprise, enfin, qui comme le particulier, recherche des financements, mais qui a aussi l'obligation[1] de réaliser un bilan carbone et qui a donc tout intérêt à s'assurer de la résilience de son activité.

Une démarche holistique

La crise du Covid-19 a souligné la fragilité du système économique et financier, l'interdépendance de nos activités, l'importance de nos choix et leur impact sanitaire, social et environnemental. Comment être plus résilient sur le long terme? Comment faire face à une rupture d'approvisionnement ? Un arrêt d'activité de plusieurs mois ? C'est aussi à ces questions que la "finance durable" cherche à répondre, en s'inscrivant dans une démarche globale de prise en compte de toutes les contraintes. Il s'agit d'étudier différents scénarios de prospective et d'adopter des stratégies adaptées.

Dépasser la seule performance financière

La "finance durable" défend une vision nouvelle de la performance, qui dépasse les seuls critères financiers. Dans cette approche, la valeur attendue intègre de fait la question de la durabilité et donc de l’impact des décisions et des choix sociaux et environnementaux. In fine, la "finance durable" contribue à améliorer la qualité de la performance et à transformer les business models, en distribuant de la valeur à l’ensemble des parties prenantes. Fini l’époque où le greenwashing régnait en maitre et où il suffisait aux entreprises de verdir leur discours pour convaincre. Poussés par la crise du Covid-19, nous sommes entrés - et c’est heureux - dans l’ère de l’action et de l’accélération. Aux entreprises et aux citoyens de se saisir de cette opportunité unique…

 


[1] Pour les entreprises cotées ou dont le chiffre d’affaires dépasse 100 millions d’euros

 

A propos de l'expert

Nathalie Conné

Nathalie Conné

Responsable des activités risques et développement durable pour le secteur bancaire

MES PARTICIPATIONS Fin&Tech Community - Table ronde « Comment la finance durable permet de répondre aux enjeux de la sortie de crise » Modération : Ilham NASSOR , Management Consultant, Ailancy ...

Publier un commentaire

Comment editor

  • No HTML tags allowed.
  • Lines and paragraphs break automatically.
Politique de modération des commentaires sur le blog CGI