Parcours employé, BYOD et BYOA obligent la DSI à se réinventer

Ce n’est pas la première fois que la DSI s’interroge sur son avenir. « Il y a quelques années, l’arrivée du Cloud a bousculé les DSI, qui ont cru y voir une perte de contrôle sur leurs activités » précise Jean-Marie Abatecola, directeur des activités conseil « Digital Employee & Workplace » chez CGI Business Consulting. 

Avenir de la DSILes nouvelles tendances ont toujours remis en perspective le rôle des DSI. Aujourd’hui, BYOD (Bring your own device), BYOA (Bring your own application) ou encore coworking et télétravail n’échappent pas à la règle : « La DSI possédait jusqu’alors un écosystème et un parc centralisés sur lesquels elle avait la maîtrise à 100 % de la chaîne de valeur (matériel et application). Avec ces nouveaux modes de travail, elle est amenée à gérer les environnements de chaque employé au cas par cas » explique Jean-Marie Abatecola. Finie la DSI uniquement gestionnaire d’une infrastructure monolithique, elle devra demain définir une stratégie qui s’adapte à chaque employé, chaque appareil et chaque usage.

Services ou direction digitale, le dilemme de la DSI

Car, sans parler du « shadow IT », la majorité des services est désormais externalisée dans le Cloud comme le rappelle Caroline de Grandmaison, vice-président en charge des fonctions transverses chez CGI Business Consulting : « La DSI tend à devenir un pilote de services. Son objectif : coordonner une série d’applications externes souvent en SaaS ». Les directions informatiques se retrouvent donc régulièrement face à un dilemme : allier ce rôle de pilotage des services et celui de direction digitale pour apporter plus de valeur à l’entreprise.

Selon le cabinet d’analyse McKinsey*, cet apport de valeur est la priorité numéro un pour 62 % des responsables informatiques. L’ambition est donc clairement affichée : prendre de la hauteur pour aller au-delà du rôle de simple fournisseur de services Cloud. « Le cœur de l’IT va se transformer en commodité. La DSI doit, de ce fait, gagner davantage de poids : se concentrer à la fois sur son appui à la stratégie de l’entreprise et sur le parcours client et employé » estime Jean-Marie Abatecola.

Le DSI, futur Chief Data Officer ?

Au-delà de la direction digitale, le DSI doit également devenir un maître de la donnée. « La fonction de Chief Data Officer (CDO) devrait incomber au DSI. C’est à ce dernier qu’appartient le capital de l’information », souligne Caroline de Grandmaison. Cependant, les entreprises ne suivent pas toujours cette voie. D’après Gartner et son 2016 CIO Agenda, d’ici 2017, 25 % des organisations auront un CDO distinct du DSI. Dans ces entreprises et institutions, les directions informatiques se recentrent donc sur l’innovation et les programmes de transformation digitale. « Dans tous les cas, Chief Data Officer et DSI doivent travailler de concert avec des objectifs communs : ceux de l’entreprise » insiste Caroline de Grandmaison. Car le défi est de taille : selon Gartner, les données mal exploitées coûtent en moyenne 13,5 millions de dollars (environ 12 millions d’euros) chaque année aux entreprises. De quoi optimiser encore les dépenses liées aux données pour mieux investir dans de nouveaux services à valeur ajoutée.

 

* Why CIOs should be business strategy partners, McKinsey, 2014.

 

A propos de l'expert

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Jean-Marie Abatecola

Directeur des activités conseil «Digital Employee & Workplace»

Mes points de vue : Le parcours employé, grand oublié de la transformation digitale La DSI de demain sera visionnaire… ou ne sera pas ! Le BYOD, casse-tête de la DSI ...

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