La multiplication des transferts d’information d’une application à une autre peut se transformer en véritable casse-tête pour les DSI. Jusqu’à mettre en danger les performances et les résultats des entreprises.

Effet spaghetti, mikado, jungle… Les images ne manquent pas pour décrire l’abondance des échanges inter-applicatifs. Car chaque nouvelle application ou chaque logiciel ajoute un niveau de complexité au système d’information. Conséquence : « les DSI se retrouvent face à une avalanche de procédures et d’échanges qui rend leur architecture complexe et difficile à maîtriser » détaille Rémy Delmotte, architecte technique en charge de l’offre iT-Toolbox chez CGI. D’autant que, les compétences et les personnes évoluant au sein des organisations, la connaissance sur les échanges inter-applicatifs construits dans le passé tend à se perdre. Une jungle des flux d’informations et une opacité qui ne sont pas sans conséquence.

Trop d’échanges non maîtrisés, un péril pour les entreprises

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Première victime : les budgets de la DSI. « On peut moderniser les applications autant qu’on veut, mais si on ne modernise pas les échanges inter-applicatifs dans le même temps, le SI continue à vieillir et perd largement en performance. Conséquence : les coûts de maintenance sont toujours plus élevés » détaille Rémy Delmotte. Selon une étude IDC de 2014 menée auprès de grandes entreprises, un SI rendu complexe par la multiplication des flux coûte environ 83 millions de dollars de plus par an comparé à un SI rationalisé.

Mais ces flux non maîtrisés font d’autres victimes : la qualité des données et la performance globale de l’entreprise. « Par exemple, dans le secteur de la logistique, lorsqu’un client modifie son adresse sur la plate-forme d’un commerçant, il faut parfois attendre une semaine pour que cette mise à jour soit répercutée dans l’application qui gère l’envoi des colis. » Et qui dit baisse de la qualité de service, dit impact sur la réputation de l’entreprise. C’est un véritable cercle vicieux : une mauvaise réputation fait perdre des clients, donc du chiffre d’affaires.

Une rationalisation des échanges difficile

Mais ces transferts de données peuvent-ils être rationalisés ? Dans le cadre de projets SOA (architecture orientée services) et ESB (Enterprise Service Bus), les tentatives sont nombreuses, mais contiennent de nombreux écueils : 2/3 des projets se soldent par des échecs. Le Consortium de l’Union européenne sur l’intégration identifie ainsi sept obstacles sur le chemin des DSI voulant rationaliser les échanges inter-applicatifs. Sont cités entre autres le changement permanent des données, le manque d’experts du domaine, les standards variant d’une interface à l’autre, etc.

Des obstacles qui peuvent être franchis, selon Rémy Delmotte. « La première étape consiste à rationaliser la cartographie des flux : disposer d’une photo claire à un instant T de manière à bien entamer sa démarche ESB. Reste ensuite à faire le tri dans l’ensemble des échanges. C’est une démarche fastidieuse en apparence, mais qui va très vite dès lors que l’on a une vision claire de l’existant et une architecture cible, définie en amont. Avec un point d’attention permanent pour les DSI : la conduite du changement. Il convient d’embarquer les métiers très tôt pour leur faire comprendre en quoi ces projets, en apparence strictement techniques, leur permettront, à terme, d’innover et d’être plus performants. »

A propos de l'expert

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Rémy Delmotte

Architecte SI en charge de l'offre iT-Toolbox

Depuis presque 10 ans, Rémy accompagne ses clients dans la définition de leur stratégie applicative et met en place des architectures de médiation (type SOA). Aujourd’hui, il est également responsable de l’offre iT-Toolbox, une solution exclusive qui conjugue un catalogue de softwares et un ...

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