La modernisation de l’IT passe aussi par la refonte ou la création de nouvelles applications. La pression s’accroît pour réduire toujours plus les délais de mise à disposition de ces applications. Pour faire face à ce nouveau challenge, les DSI misent sur l’industrialisation.

Finie l’époque où la DSI pouvait se permettre des cycles de développement relativement longs. Les directions informatiques font face à une pression accrue des métiers pour développer de nouvelles applications en un temps parfois record. Il semble pourtant qu’il reste du chemin à parcourir. D’après une étude récente*, le temps de mise sur le marché des services IT stagne à cinq mois en moyenne dans les entreprises européennes.

Ainsi, près d’un semestre entier s’écoule entre l’expression d’un besoin par le métier et sa mise en œuvre réelle. « Cette inertie a de lourdes conséquences sur la capacité d’innovation des entreprises, leur performance et leur compétitivité dans une période où la transition numérique est une priorité pour les organisations » détaille Pascal Ferrary, vice-président en charge de la solution exclusive TOY et des activités en PACA chez CGI. Les DSI interrogés dans l’étude citent comme conséquences de ce time-to-market étendu : les freins pour innover (39 %), une productivité ralentie (36 %) et la perte de clients au profit de concurrents plus agiles (33 %).Applications métiers - révolution industrielle

Le DYOA, nouvelle menace pour la DSI ?

« Face à ce phénomène, et pour répondre plus rapidement à leurs attentes, les utilisateurs métiers se tournent vers des solutions sur lesquelles la DSI n’a plus la main » explique Pascal Ferrary. Au-delà du shadow IT, la tendance au Develop Your Own Application (DYOA) accentue le phénomène du boycott des directions informatiques. Les plates-formes DYOA permettent en effet de développer des logiciels sans avoir à coder et donc sans compétences techniques particulières. Toujours selon cette étude, 47 % des développements DYOA sont réalisés par le service commercial et 44 % par les départements financiers sans que les directions informatiques aient leur mot à dire.

Les trois clés pour industrialiser la création des applications métiers

Mais des solutions existent pour booster les développements… Les DSI peuvent – et doivent – accélérer le time-to-market des applications en s’appuyant sur les bonnes pratiques ci-dessous :

  1. S’équiper d’outils collaboratifs et de pilotage afin de casser les silos et mieux gérer le projet avec les métiers de façon agile. Il peut s’agir d’outils de type drive pour le suivi du développement mais également de réunions et de brainstormings réguliers. « La méthodologie projet est cruciale. L’objectif est d’identifier précisément les besoins métiers dès le début du projet pour éviter le rework ultérieur extrêmement coûteux en délai et en budget » poursuit Pascal Ferrary.
  2. Procéder par itérations successives en utilisant des prototypes : commencer par les applications essentielles, puis « faire tester les nouveaux outils par des utilisateurs métiers, au fur et à mesure de la disponibilité des fonctionnalités. Il faut à tout prix éviter l’effet tunnel ».
  3. Optimiser la gestion de son porte-feuille d’applications en amont notamment via une cartographie du système d’information de manière à clairement identifier la place de la nouvelle application au sein du SI et gérer ses évolutions futures. On évite de cette manière les doublons et les échanges inter-applicatifs trop complexes.

Autant de bonnes pratiques qui permettront d’accélérer la production des applications métiers et donc la modernisation IT des entreprises.

 

* Cabinet de recherche Vanson Bourne.

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