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La pandémie de Covid-19 constitue une crise totalement inédite. Imprévisible et foudroyante, elle a pris tous les secteurs de court, a paralysé le monde et remis en question nos modèles économiques et sociaux tant à l’échelle individuelle que collective. Alors même que le débat public enfle sur l’état de préparation de nos sociétés, le Covid-19 a montré que, même préparés, nous ne serons jamais totalement armés d’un cadre, de processus et d’une logistique salvateurs qu’il suffirait d’appliquer.

Nous nous préparons le plus souvent à affronter les crises du passé. Or, il nous faut certainement admettre que nos sociétés évoluent désormais et de manière durable, dans un contexte caractérisé par la volatilité, l’incertitude, la complexité et l’ambiguïté, dans lequel il nous faut trouver des solutions alors même que nous ignorons tout du nouveau problème qui surgit. Dans le monde du vivant, face à l’inconnu, la résilience provient des connexions et solidarités entre acteurs, des capacités d’innovation, de démarches exploratoires et de redondances. La solution dépend moins de la structure, souvent rigide et inefficace pour affronter la nouveauté, que du réseau fait de multiples composantes qui s’auto-organisent par leur propre mise en action.

Dans un contexte médical, l’image des réseaux de neurones prend tout son sens, eux qui constituent une forme d’apprentissage efficace. Ils apprennent de la répétition ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Par un mécanisme d’autoapprentissage, ils s’améliorent à chaque résultat, apprenant ce qui a produit le bon résultat, et le renforçant, ou le changeant si le résultat n’était pas correct. La puissance de ces réseaux se trouve dans l’ensemble de noeuds qui s’améliorent en adaptant leur fonctionnement indépendamment de la structure globale. À l’échelle de l’écosystème santé, c’est la même chose.

La résilience ne peut venir du seul hôpital public – comme certains peuvent l’entendre - et l’augmentation des moyens, même massifs, de l’hôpital n’apportera qu’une réponse très partielle à notre capacité à affronter une crise future. Cette réponse est à construire avec l’ensemble des acteurs de la chaîne dans une logique d’interconnexions et de gestion de cercles concentriques autour de l’hôpital. Il s’agit d’assurer le continuum hôpital public, hôpital privé, médecine de ville, établissements médicaux sociaux, mais aussi laboratoires, associations, entreprises, citoyens en s’appuyant sur tous les professionnels et capacités disponibles.

L’enchaînement des événements encourage à travailler à une organisation neuronale de notre système de santé. En effet, après une première phase de réponse immédiate où chaque acteur s’est efforcé de gérer l’urgence, le rebond n’est réellement venu que d’une mobilisation générale davantage et mieux coordonnée. Au fur et à mesure, les protocoles et les actions de communication ont évolué, centrés d’abord sur le seul Samu et l’hôpital public, avant d’inclure progressivement les médecins généralistes, les industriels, etc.

Arrive à présent le temps de la réinvention, voire d’une révolution. Pour faire face plus efficacement aux crises sanitaires, climatiques et sécuritaires à venir, repensons nos systèmes de santé comme des systèmes vivants se nourrissant de connexions, et outillons-les, en nous appuyant sur le digital. Il y a urgence.

A propos de l'expert

Quentin Réal

Philippe-Quentin Real

Vice-président, Global Strategy, Marketing & Alliances - CGI Business Consulting

A propos de Philippe-Quentin Réal Fort d’une expérience de plus de 25 ans en stratégie et en services-conseils en management, Philippe-Quentin REAL possède une expertise dans la gestion de programmes de transformation complexes et d’envergure. Il agit à titre de concepteur commercial ...

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