Services aux clients, processus industriels, « Internet pour tous » et open innovation sont les grands axes de la transformation numérique de la SNCF.
Entretien avec Frédéric Burtz, Directeur Technologies, Innovation et Développement, SNCF - issu du Baromètre CGI 2016

« La SNCF a entamé sa transformation digitale il y a quinze ans avec la création du site voyages-sncf.com. Puis en 2004, il y a eu iDTGV, premier produit 100 % Internet. Ces dernières années, nous sommes entrés dans la poche des mobinautes. Notre objectif, désormais, est d’accélérer et de globaliser à toute l’entreprise cette transformation. Pour cela, nous menons de front plusieurs grands chantiers », annonce Frédéric Burtz.SNCF

Le premier d’entre eux concerne les clients. Au nombre de dix millions aujourd’hui, ils seront près de quinze millions d’ici 2020. La SNCF travaille main dans la main avec les opérateurs télécoms à l’amélioration de la couverture réseau en étendant la 3G et la 4G aux infrastructures SNCF. Le groupe intensifie et améliore ses services numériques pour aider ses clients à mieux planifier leurs déplacements et les accompagner dans tous leurs trajets de porte à porte.

« L’application unifiée SNCF a été lancée en janvier 2015 et compte plus d’un million de téléchargements, aujourd’hui. Elle regroupe toutes les informations liées au trafic des trains au sein de la même application. Avec elle, on se déplace non plus de gare à gare mais d’adresse à adresse, en ajoutant des options de personnalisation », donne en exemple Frédéric Burtz. La carte d’embarquement sans contact iDPass ou le site de location de voitures entre particuliers Ouicar.fr figurent aussi dans la liste de ces nouveaux services.

Machine learning et maintenance prédictive

Côté infrastructures et matériel roulant, la SNCF mise sur l’Internet industriel (Internet des objets couplé au Big Data) et l’apprentissage automatique (machine learning) pour optimiser la maintenance. En dotant de capteurs numériques ses trains, ses gares et ses 30 000 kilomètres de voies, elle s’oriente résolument vers la maintenance prédictive. À la clé : une efficacité opérationnelle accrue et des gains de productivité significatifs.

« La demande du terrain pour ces outils numériques est très forte. Agents en charge de la maintenance sur les voies et dans les ateliers, conducteurs, contrôleurs…Tous nos métiers doivent, à terme, bénéficier du digital », précise l’expert. D’ailleurs, un chantier intitulé « Internet pour tous » prévoit d’équiper les quelque 240 000 collaborateurs d’une adresse e-mail a minima. Près de 6 000 salariés, membres de la communauté digitale, apportent volontairement leur aide pour démocratiser la transformation numérique auprès de toutes les populations concernées.

Pour accélérer le développement du digital dans toute l’entreprise, la SNCF va chercher aussi à l’extérieur les innovations dont elle a besoin. Cette démarche d’open innovation comprend la création, en octobre 2015, du fonds d’investissement SNCF Digital Ventures, doté de 30 millions d’euros sur trois ans pour des prises de participation dans des start-up. « Notre rôle est d’accompagner ces entreprises innovantes dans leur développement, de les aider à grandir. C’est l’intérêt de la SNCF, de miser sur ces talents », précise Frédéric Burtz.

Dans le même esprit, la SNCF a lancé quatre fab labs appelés les « 574 » (un clin d’œil au record mondial de vitesse sur rail). Il s’agit de lieux physiques qui rassemblent les équipes digitales du groupe, des incubateurs, des start-up et des centres d’expertise. Localisés à Paris, Toulouse, Nantes et San Francisco, ils traitent du Big et de l’Open Data, des API, du Web design, des objets connectés ou de la transformation managériale. Un « maire » est chargé de leur animation.  À la SNCF, l’innovation numérique passe à la très grande vitesse.

SNCF

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