Selon les experts de Bosch, la productivité des usines pourrait augmenter de 30 % grâce au passage à l’usine connectée. Comment expliquer un tel chiffre ?

« Tout est remis en question ! ». Pour le Président du directoire de Schneider Electric, Jean-Pascal Tricoire lors du dernier Forum économique mondial de Davos, pas de doute : la quatrième révolution industrielle est en passe de rebattre toutes les cartes. Du management au pilotage de la supply chain, en passant par les écosystèmes et la gamme de services proposés, l’industrie 4.0 s’annonce comme un bouleversement sans précédent du marché.

Et les gains attendus ont de quoi faire rêver. Selon une étude de Bosch, la productivité des usines pourrait augmenter de 30 %. Une statistique confirmée par les premières « smart factories » mises en place. Celle de Siemens, à Amberg (Allemagne) – avec ses processus automatisés à 75 % – constate une réduction des coûts de 25 %. L’usine produit une carte-mère toutes les secondes avec un taux de qualité de 99,9988 %.

L’usine connectée, un ensemble de technologies

Et pourtant, la révolution 4.0 n’en semble qu’à ses débuts. À l’intérieur, des robots recopient les gestes initiés par les ouvriers, grâce à des technologies de cobotique. Des lunettes de réalité augmentée accompagnent les techniciens en leur fournissant des informations en temps réel. Des capteurs connectés collectent les données et des plates-formes big data les décryptent à destination des décideurs et des consommateurs qui suivent l’avancement de leur commande. En parallèle, des outils d’intelligence artificielle analysent les données recueillies et anticipent les pannes. En somme, l’usine connectée ne reposera pas sur une seule technologie mais bien sur une somme des innovations qui, imbriquées, fonderont la smart factory.

Passer le cap de la relation client grâce à l’usine connectée

« Ces innovations viennent accompagner et faciliter le travail au sein des usines en supprimant les tâches répétitives, en initiant des processus plus sûrs et en fournissant des informations en temps réel plus fiables. Elles permettent aussi aux industriels de passer un nouveau cap : celui de la relation client », explique Sébastien Rolet, pilote du domaine d'activité stratégique Usine du futur à l'Aerospace Valley.

Une chaîne d’assemblage de nouvelle génération a ainsi permis à l’usine Bosch de Hombourg en Allemagne de produire jusqu’à 200 versions différentes de ses valves électrohydrauliques pour s’adapter aux besoins de chaque entreprise cliente. Certains vont même plus loin comme General Electrics qui, avec un partenariat avec la plate-forme de financement participatif Quirky, laisse les consommateurs financer et décider eux-mêmes des produits à lancer.  « La smart factory place le produit, le service et le client au centre du modèle économique des industriels. Aujourd’hui deux logiques encouragent les entreprises du secteur : l’innovation stimulée qui consiste à être à l’écoute du client pour adapter les produits, et le co-développement, c’est-à-dire sortir un produit non-fini, co-construit avec le client », analyse Renaud Cochet, Vice-Président supply chain, CGI.

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